La politique autrement, mais à l’ancienne

Nous avons un nouveau président, jeune et qui n’est issu d’aucun parti. Et cela à la suite d’une campagne particulièrement délétère durant laquelle ce ne sont pas des militants qui débattaient, mais des fanzouzes qui s’écharpaient !

Oui, les réseaux sociaux, les médias ont joués une part importante dans son élection ainsi que dans la perte de confiance dans les édiles politiques. Mais ils n’ont rien fait de plus que de mettre à jour des pratiques immorales et de rendre compte d’une certaine réalité.

Il y a eu une macromania : des élus, des personnalités, de nombreux concitoyens apolitiques se sont raccrochés à cette icône. Un jeune, hors sérail, qui pourrait tout changer ! Un état de grâce avant l’élection. De mémoire d’électeur personne n’avait connu un tel engouement.

Les centristes eux aussi y ont cru : le ralliement de François Bayrou, candidat obsessionnel, en à surpris plus d’un, dont moi. L’appel de Jean-Louis Borloo et les personnalités tant de droite que de gauche ont laissé entrevoir l’espoir d’une force politique consensuelle, centriste et réaliste.

La réalité, dur retour

Mais l’élection présidentielle est à 3 tours : les deux premiers donnent un nom, le troisième une majorité. Et là il y a le dur retour à la réalité.

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On ne ment jamais autant qu’avant une élection, pendant l’amour ou après la chasse

Négocier un soutien ou un ralliement, c’est assez simple : quand on se présente à une élection on donne un accès potentiel à un éventail de décisions qui peuvent arranger certaines personnes. Dans ce cas leur intérêt est de se rallier pour négocier, plutôt que de s’isoler et ne rien avoir.

François Bayrou à fait ce choix pour deux raisons simples : l’incapacité à financer sa campagne personnelle et la disparition de sa base militante. En échange de son soutien public, que l’on estime entre 5 et 8% des voix, il a sans doute obtenu un poste au gouvernement pour lui ou sa garde rapprochée ainsi qu’un certains nombres de candidats aux législatives.

Mais nous l’avons tous constaté hier : E. Macron présente une liste de candidats aux législatives étonnamment dénuée de représentants centristes. Des élus PS, des élus locaux, des personnalités civiles, mais le modem ou l’udi sont les grands absents. Les dindons de la farce ?

Quelle idée derrière tout ça ?

Petit rappel sur l’élection d’un député, c’est toujours utile pour comprendre l’arnaque aux candidats qui à eu lieu hier :

  • un candidat, c’est 1€ de subventions publiques par voix pour le parti dont il donne le nom à sa déclaration en préfecture
  • un candidat, c’est 0.35% d’une majorité absolue à l’assemblée
  • un candidat c’est la dispersion des voix contre un concurrent
  • un candidat peut être investit par plusieurs parti

Donc il est essentiel pour REM, le nouveau parti présidentiel (nouvelle entité juridique, bénéficiant à ce titre d’une gestion spécifique, d’un financement spécifique ainsi que de financements pour la formation des élus) d’avoir des candidats déclarés pour lui-même. Qu’ils gagnent n’est pas le seul but : ils doivent ramener des voix, donc des euros !

Et la majorité ? Bah oui, il en faut une. C’est le choix qui est fait d’investir certains élus sortants, voire de ne présenter personne contre d’autres qui se son officiellement ralliés mais n’auront pas l’étiquette REM.

Et pourquoi multi-étiquettes dans certains cas ? Je vous donne un exemple : sur la circonscription de Châteaubriant (44-06) REM à fait le choix de soutenir le sortant ex-PS Yves Daniel, plutôt que le candidat affiché Jean-Michel Tobie UDI. Bah oui, en face on est quasi sûrs de la victoire du conservateur et filloniste LR A. Hunault. Plutôt que de risquer l’incertitude électorale sur cette circo (UDI face à LR), on préfère soutenir un PS qui ne devra sa place qu’au soutien de REM.

Le nouveau mouvement REM ne finance aucune campagne ! Les candidats devront donc se financer ou se faire financer par leur parti, d’où le soutien à des candidats déjà encartés : ce sont eux qui fourniront une majorité présidentielle. Les autres engageront les financements publics de REM pour les 5 prochaines années, qu’ils gagnent ou non.

Tout de suite, c’est moins sexy la macronmania.

Mais limite, si on s’en fout ?!

Personne n’est obligé d’adhérer à cette analyse, une forme de pirouette d’un banquier qui couvre son investissement en faisant porter le risque sur les candidats et pas sur sa trésorerie. Il reste un point non négligeable.

La confiance.

Bah oui : le candidat obtient des soutiens, engrangent des demandes de candidatures en son nom (je rappelle qu’une campagne législatives ce n’est pas anodin pour le commun des mortels, c’est chronophage et coûteux) et gagne.

Le temps de laisser durer un peu le suspens et là c’est la douche froide : aucun candidat centriste. Les alliances annoncées ou clairement sous-entendues sont oubliées. Et si vous regarder les candidats les plus assurés de gagner vous aller rire jaune.

Le président n’est pas encore officiellement en fonction que déjà il trahit une partie de son électorat centriste. Et encore une fois les militants, des françaises et des français engagés bénévolement, se retrouvent laissés pour compte.

Jeune, mais déjà un vieux politicard dans sa tête.

 

 

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