Des cases et des catégories

J’ai encore passé une journée à me morfondre sur Twitter et Facebook. Enfin, une journée. Disons plutôt une nuit et une matinée.

Et vous savez ce qui me sidère chaque jour un peu plus ? L’incapacité des gens à prendre du recul. La passion du premier degré. Même lorsqu’on explique les choses, la majorité s’arrête sur les apparences.

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Alors oui hier Mélenchon et Philippe, Salamé et les autres. C’est sympa ces petits apéros dinatoires de la politique spectacle, mais à quel moment incite-t’on les jeunes générations à s’impliquer en politique ? Pas à suivre bêtement le premier hâbleur du marché hein ! S’impliquer. Connaître les institutions, leurs contraintes, leurs fonctionnement, leurs histoires et s’impliquer pour servir les concitoyens et non s’enrichir.

Bref, passer du 4ème mur de leurs écrans à la vie réelle. Vous me direz « Mais ce n’est pas à la télé de le faire, qu’ils se débrouillent ! »

Bah oui. Mais regardez-vous, regardez-nous. Si nous n’avons pas un coach pour faire du sport, si on arrive pas à convaincre un ami de venir courir, si on ne trouve pas quelqu’un pour nous payer pour un travail que l’on fait sans lui, si on est tout seul ? Avouons-le : rien ne se fait tout seul. Les rares qui sont assez audacieux font l’histoire, nous autres la suivons.

L’information devenue amusement. Voilà ce qui noie nos esprits à longueur de temps ; ce ne sont plus les publicités qui usent du temps de cerveau disponible, ce sont les émissions autour. Et je ne parle que de la télé, mais c’est extensible à tout ce qui passe par ces petits écrans qui envahissent nos vies.

Et s’il n’y avait que la politique ! La quête permanente de l’image, de l’intérêt. Le « Like » tant attendu et pour lequel on fait n’importe quoi. Et surtout ne pas lancer de débat de fond, l’appeau à trolls s’y cache.

Dernière exemple en date : pourquoi laisse-t’on passer des publicités ou comportements misogynes ? Dès que l’on en relève le caractère discriminatoire on se fait accuser de premier degré ? Où est la réflexion ? Où sont les analyses ? Où veut-on laisser s’échapper le libre-arbitre ?

Si je considère anormal qu’un publicitaire joue sur des archétypes « Maman coiffe les enfants, pas papa » c’est à cause de la différenciation sociale induite par ce type de discours. Et ce n’est pas du premier degré, juste du bon sens.


Des cases, tout doit rentrer dans des cases. Ou des #. Au point même que la publicité se sert de cet état de fait pour se différencier.

Et le cerveau, on le met dans laquelle ?

Publicités

Où est-ce que l’on a merdé ?

Cela faisait un moment que je ne m’étais pas arrêté devant le clavier pour vous faire part de mes humeurs. Ce soir il y a pas mal de sujets qui me tournent dans la tête, et je pense que je n’aurai pas assez de ma vie entière pour les traiter.

Entre les catastrophes climatiques en Amérique, Afrique, Asie et même Europe ; les extrémistes blanc US, la crise politique gravissime que traverse notre démocratie, la destruction de vrais droits pour le bien-être d’une élite, l’humiliation permanente d’une population…. Ca en fait des choses à remettre dans le contexte.

Mais là tout de suite, c’est clairement un problème beaucoup plus pernicieux qui me trouble. Vous savez, ce petit truc du quotidien dont on ne se rend même pas compte. Ce petit truc qui pourrit la vie de la moitié de l’humanité. Ce petit truc qui est à l’origine d’un paquet de nos emmerdements depuis l’origine.


Je vous pose ça là :

Repères viols

1 sur 10, de moins de 20 ans.

On parle des salaires ?

Du regard posé sur les tenues ?

De l’image dégradante qu’en donne la publicité, le marketing, la politique ?

De la place donnée aux petites filles, futures mamans mais pas super-héroines ?

De l’exigence de répondre à un fantasme ?

Du déni de compétence permanent ?


Il y en a un paquet qui en parle mieux que moi. Ils et elles sont nombreux à savoir user de leur plume pour traiter ce vaste sujet. Je me contenterai d’un rappel : le féminisme n’est pas un militantisme accessoire. Ce n’est pas une crise hystérique. Ce n’est qu’une réaction légitime, une conséquence à une cause que tous nous refusons d’accepter.

La cause première du féminisme que déteste les hommes, c’est justement l’homme. Cet être de chair et de sang dont seule la testostérone lui donne le sentiment de supériorité.

A quel moment ça à merdé ?

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Un homme et une femme, ce sont les deux facettes d’une même humanité. Quel abruti s’est donc permit de considérer qu’il avait plus de droit que l’autre ? Comment les autres ont-ils pu croire qu’il avait raison ?

Une femme violée ne l’est que par la faute de l’homme qui l’a violé. Une femme battue ne l’est que par un homme violent. Une femme tuée par son mari ce n’est pas un accident, c’est un crime.

Alors j’aimerai bien que tout mes petits camarades de genre se rappelle d’un détail pas négligeable : rien ne justifie la domination. Merci de vous rappeler, sur Internet ou IRL.

 

Quand le politique corrompt la raison

Nous votons de nouveau, ces dimanche 11 et 18 juin, pour le troisième tour des présidentielles. Certes  ces élections s’appellent aussi les législatives, mais soyons clair, elles ne sont devenues aujourd’hui qu’un potentiel blanc-seing pour une politique dont personne ne peut prédire les implications sociales ou économiques.

Et nous voici revenu au bon vieux temps du clientélisme et de la mauvaise foi. Nos futures édiles sont les représentants de la Nation et leur rôle est clairement définit. Mais nous avons tous dans nos circonscriptions l’un ou l’autre de ces candidats qui nous promet monts et merveilles pour notre petite commune…

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Las de tout ces mensonges et contre-vérités, il faut être clair : une circonscription (~100.000 habitants) élit un membre de la représentation nationale (577 députés) qui constitue le pouvoir législatif, pendant de l’exécutif présidentiel. Le rôle d’un député est de faire le lien du territoire vers la Nation, point. Le financement du territoire par la Nation est celui des clientélistes !

Et Châteaubriant dans tout ça ?

Bah oui, la #circo4406 n’échappe pas à la règle. Avec une douzaine de candidats, nous aussi nous avons notre lot d’incohérence politique et de délires masochistes.

Un conseil de développement schizophrène ?

Le conseil de développement du pays de Châteaubriant, comme tous les conseils de développement, est le seul organe permettant une représentation citoyenne dans les prises de décisions locales. Un organe associatif, statutairement apolitique. Le président actuel semble l’avoir oublié….

J’en ai été membre quelques années, CA puis bureau, j’ai dû mettre cet engagement de côté pour quelques temps. Et jamais je n’ai vu siéger le président de la com-com,  participer à un évènement, ou répondre à une invitation. La représentation citoyenne n’existe pas pour un notable du XVIIIe

Je ne vous cache donc pas ma surprise, ainsi que celle de l’ensemble de ses adhérents, d’avoir vu passer dans la presse la semaine dernière un appel à soutenir l’éternel absent A. Hunault pour les législatives. Signé de la main même de son président Didier Garnier ça fait tâche.

Parce qu’il faut rappeler un contexte : dans notre « petite » circonscription, le député sortant Yves Daniel, ex PS, est le seul qui se déplace à chaque AG. Le seul avec lequel un dialogue s’était instauré. Le seul qui militait en faveur d’un SCOT (Châteaubriant n’en a toujours pas).

Bref, une représentation démocratique citoyenne de plus qui se suicide sur le pays castelbriantais par la faute de son président, téléguidé par les ambitions de la dynastie Hunault. Encore.

Des candidats à la douzaine

Je ne listerai pas tout les candidats, d’autres l’ont déjà fait. Juste ceux qui comptent un peu :

  • A. Hunault : pas d’intérêt à élire ce genre de personnage, fils et frère des précédents députés, notaire cumulard (maire et conseiller régional), soutien inébranlable du conservatisme vendéen et sarthois. Son ambition est personnelle et le maintien de Châteaubriant dans une bulle spatio-temporelle ne sert que son intérêt.
  • Y. Daniel : député sortant ex-PS, avec lequel j’ai de nombreux désaccords. Mais de l’estime parce qu’il est bien plus accessible que ne le seront jamais les aristocrates du coin.
  • J. Flippot : « petit » candidat de la réunification de la Bretagne. Malgré des désaccords évidents, c’est un ami, et lui reste quelqu’un de dévoué à son engagement. Il y en a trop peu…
  • Le duo PS/écolo : le choix le plus stupide d’un appareil mourant. Présenter des candidats en frontal avec le député sortant seul capable de gagner dans cette circonscription conservatrice. Le PS se ridiculise, et je souhaite bien du courage à ces deux-là.

Un non-candidat

Il s’était un temps présenté, mais n’a pas été investi : si J-M Tobie s’était aligné pour l’élection j’aurai presque pu voter pour lui car il est plus proche de mes idées. Mais n’oublions pas que s’il n’a pas eu l’investiture LREM, c’est à cause d’une condamnation pour prise illégale d’intérêt. Fin de non-recevoir donc.

Et LREM ?

Bah pour être franc, quand on voit la taille du rateau LREM rien qu’en Loire-Atlantique il ne sert à rien d’espérer quoi que ce soit de cette étiquette. Il vaut mieux prendre 10 minutes de son temps pour se renseigner sur les aspirations des candidats. Parfois on est surpris des retournement de veste et contradictions presque assumées (je ne cite personne mais pense à un engagement récent…).

En résumé la #circo4406

Chacun est libre, et contrairement à d’autres je refuse de parler d’une quelconque représentation centriste dans cette circonscription. La démocratie y est clairement menacée de longue date par une famille de notables qui n’y voient qu’un terrain favorable à leurs ambitions. Les Hunault père et fils sont responsables de la désertification économique et démographique de la commune et ses faubourgs. Leur cour peut bien prétendre le contraire, leurs actes sont explicites :

  • fermeture de la liaison Rennes-Nantes en pleine gare (6m³ de béton), refus de toute concertation technique
  • des dépenses pharaoniques pour obtenir un logo « ville sportive » au dépends de l’aide à l’installation d’entreprise
  • un déni des problèmes d’aménagement (rappelez-vous de la place de la Motte)
  • un déni du droit à l’opposition
  • une posture de dédain systématique pour fuir le débat
  • un cumul permanent de fonctions électives et d’officier public
  • la désertification commerciale (les autorisations d’agrandissement des surfaces commerciales sont aberrantes)
  • des opérations foncières à questions (opération de dépollution du parking CMS, lotissements etc.)
  • et tant d’autres…

Quant au PS, qu’il s’enferme dans le déni : rien ne les sauvera plus.

Alors il reste à voter pour le seul qui s’implique dans son mandat, et ce sera pour le dernier car le second.

Je voterai Yves Daniel !

Pas LREM, pas à gauche, pas PS : je voterai pour le seul qui ait accepté un jour de débattre autour d’un café à une assemblée générale d’un conseil de développement de sa circo.

Je voterai pour le seul qui défende des idées avant ses ambitions. Je ne vote pas pour un parti ou un président.

Je voterai pour quelqu’un qui nous représentera et acceptera d’être contredit, même chez lui.

Pour le reste chacun est libre à condition d’être conscient.

 

La politique autrement, mais à l’ancienne

Nous avons un nouveau président, jeune et qui n’est issu d’aucun parti. Et cela à la suite d’une campagne particulièrement délétère durant laquelle ce ne sont pas des militants qui débattaient, mais des fanzouzes qui s’écharpaient !

Oui, les réseaux sociaux, les médias ont joués une part importante dans son élection ainsi que dans la perte de confiance dans les édiles politiques. Mais ils n’ont rien fait de plus que de mettre à jour des pratiques immorales et de rendre compte d’une certaine réalité.

Il y a eu une macromania : des élus, des personnalités, de nombreux concitoyens apolitiques se sont raccrochés à cette icône. Un jeune, hors sérail, qui pourrait tout changer ! Un état de grâce avant l’élection. De mémoire d’électeur personne n’avait connu un tel engouement.

Les centristes eux aussi y ont cru : le ralliement de François Bayrou, candidat obsessionnel, en à surpris plus d’un, dont moi. L’appel de Jean-Louis Borloo et les personnalités tant de droite que de gauche ont laissé entrevoir l’espoir d’une force politique consensuelle, centriste et réaliste.

La réalité, dur retour

Mais l’élection présidentielle est à 3 tours : les deux premiers donnent un nom, le troisième une majorité. Et là il y a le dur retour à la réalité.

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On ne ment jamais autant qu’avant une élection, pendant l’amour ou après la chasse

Négocier un soutien ou un ralliement, c’est assez simple : quand on se présente à une élection on donne un accès potentiel à un éventail de décisions qui peuvent arranger certaines personnes. Dans ce cas leur intérêt est de se rallier pour négocier, plutôt que de s’isoler et ne rien avoir.

François Bayrou à fait ce choix pour deux raisons simples : l’incapacité à financer sa campagne personnelle et la disparition de sa base militante. En échange de son soutien public, que l’on estime entre 5 et 8% des voix, il a sans doute obtenu un poste au gouvernement pour lui ou sa garde rapprochée ainsi qu’un certains nombres de candidats aux législatives.

Mais nous l’avons tous constaté hier : E. Macron présente une liste de candidats aux législatives étonnamment dénuée de représentants centristes. Des élus PS, des élus locaux, des personnalités civiles, mais le modem ou l’udi sont les grands absents. Les dindons de la farce ?

Quelle idée derrière tout ça ?

Petit rappel sur l’élection d’un député, c’est toujours utile pour comprendre l’arnaque aux candidats qui à eu lieu hier :

  • un candidat, c’est 1€ de subventions publiques par voix pour le parti dont il donne le nom à sa déclaration en préfecture
  • un candidat, c’est 0.35% d’une majorité absolue à l’assemblée
  • un candidat c’est la dispersion des voix contre un concurrent
  • un candidat peut être investit par plusieurs parti

Donc il est essentiel pour REM, le nouveau parti présidentiel (nouvelle entité juridique, bénéficiant à ce titre d’une gestion spécifique, d’un financement spécifique ainsi que de financements pour la formation des élus) d’avoir des candidats déclarés pour lui-même. Qu’ils gagnent n’est pas le seul but : ils doivent ramener des voix, donc des euros !

Et la majorité ? Bah oui, il en faut une. C’est le choix qui est fait d’investir certains élus sortants, voire de ne présenter personne contre d’autres qui se son officiellement ralliés mais n’auront pas l’étiquette REM.

Et pourquoi multi-étiquettes dans certains cas ? Je vous donne un exemple : sur la circonscription de Châteaubriant (44-06) REM à fait le choix de soutenir le sortant ex-PS Yves Daniel, plutôt que le candidat affiché Jean-Michel Tobie UDI. Bah oui, en face on est quasi sûrs de la victoire du conservateur et filloniste LR A. Hunault. Plutôt que de risquer l’incertitude électorale sur cette circo (UDI face à LR), on préfère soutenir un PS qui ne devra sa place qu’au soutien de REM.

Le nouveau mouvement REM ne finance aucune campagne ! Les candidats devront donc se financer ou se faire financer par leur parti, d’où le soutien à des candidats déjà encartés : ce sont eux qui fourniront une majorité présidentielle. Les autres engageront les financements publics de REM pour les 5 prochaines années, qu’ils gagnent ou non.

Tout de suite, c’est moins sexy la macronmania.

Mais limite, si on s’en fout ?!

Personne n’est obligé d’adhérer à cette analyse, une forme de pirouette d’un banquier qui couvre son investissement en faisant porter le risque sur les candidats et pas sur sa trésorerie. Il reste un point non négligeable.

La confiance.

Bah oui : le candidat obtient des soutiens, engrangent des demandes de candidatures en son nom (je rappelle qu’une campagne législatives ce n’est pas anodin pour le commun des mortels, c’est chronophage et coûteux) et gagne.

Le temps de laisser durer un peu le suspens et là c’est la douche froide : aucun candidat centriste. Les alliances annoncées ou clairement sous-entendues sont oubliées. Et si vous regarder les candidats les plus assurés de gagner vous aller rire jaune.

Le président n’est pas encore officiellement en fonction que déjà il trahit une partie de son électorat centriste. Et encore une fois les militants, des françaises et des français engagés bénévolement, se retrouvent laissés pour compte.

Jeune, mais déjà un vieux politicard dans sa tête.

 

 

Frappés au coeur, c’est à la raison de répondre

Une nouvelle fusillade, de nouveaux morts. En plein coeur de Paris, sur le symbole même de la liberté d’un pays libéré de la guerre et de la dictature.

Et voilà que ça recommence quelques jours avant une élection dans laquelle s’affronte les réthoriques et sémantiques guerrières. Des candidats investit par des partis ou l’argent mais qui ne sont finalement soutenus ni par le peuple ni par l’époque.

Je ne suis pas le seul à ne voir que peu d’intérêt dans ces 11 candidatures. Nous sommes nombreux, trop nombreux.

Aucun ne fait de la politique : cet art de la chose publique et du bien commun pour chaque individu au sein d’une nation. Ils se battent tous pour la même cause : la leur. Alors pourquoi s’étonner ?

Quelle énergie consacrée à la mauvaise foi, quel débordement de moyens pour se créer une image de sainteté ou redorer celle d’une ancienne idéologie déshumanisante….

Et dans toute cette débauche on entend de ci de là de nouveaux romans historiques, de nouveaux héros contemporains, de nouveaux phrasés pour des discours toujours aussi sclérosés. Toujours de nouvelles réponses à d’anciens problèmes.

Des guerriers ? Des affrontements ? Des vainqueurs et des perdants ? Quelle violence !

De tous il n’en ressort que des haineux et des violents, des malfaiteurs et malfaisants ! Où sont les bâtisseurs et les faiseurs de paix ? Les civilisés et civilisateurs ?

Las de cette campagne, las de ces sottises. Il est temps que chacun prennent conscience que ces jeux sont inutiles et dangereux : le seul jeu qui ait du sens désormais est celui qui consiste à construire la paix au sein de chaque nation pour que toutes ensembles elles oeuvrent à l’humain et non à l’argent ou au pouvoir.

The Games of Turns – S. 8

Nouvelle saison de la présidentielle version 5ème République ! Celle de 2017 risque de marquer un tournant particulier dans l’histoire de la démocratie française ; il est temps de prendre en compte quelques éléments de réflexion à ce sujet, en commençant par un contexte judiciaire ultra-présent et des candidats de moins en moins complaisants.

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L’échec des primaires

La primaire c’est bien : mangez-en !

Et vous en avez mangé. Tant à gauche qu’à droite, la primaire des gauches, la primaire de la droite, une primaire par-ci, une primaire par-là….

Rappelez-vous : l’objectif des primaires était d’éviter la dispersion des voix et l’unité derrière le candidat des partis bicéphales. Et maintenant ? Et ben on peut dire que c’est un poil raté.

A gauche B. Hamon s’est gentiment fait taillé un costard par le duo Macron et Mélenchon qui ont anéanti toute velléité d’union. C’est sympa d’avoir une machine de guerre comme le PS, qui dépense entre 10 et 15 millions, pour risquer de ne même pas être au second tour.

Bah oui : avec les sommes investies par le parti de Solférino, si Hamon se rallie avant le premier tour il n’y aura pas un centime pour rembourser les sommes engagées. Il lui faut 5%, pas le choix.

Quant à Fillon, vainqueur de la primaire de la Droite et de la Droite, le problème est sensiblement le même. Il a fait verser l’ensemble des bénéfices (vous vous souvenez que c’était payant ?!) à son micro-parti et reste le seul candidat finançable et financé à droite. Quel que soit les dossiers qui sortent, personne ne peut prendre le risque de partir aux présidentielles contre un candidat investi (donc avec l’étiquette) et tout perdre faute de voix suffisantes.

Et la primaire citoyenne ? Bah elle soutient Macron….

Les primaires ont tuées la démocratie : elles sont un prétexte de confiscation des fonds destinés au financement de la campagne.

Des joueurs qui n’étalent pas leurs jeux

Mélenchon qui se calme dans les attaques contre les journalistes (forcément, avec Fillon et Le Pen qui tapent l’un après l’autre, il ne faudrait pas courir le risque de l’amalgame) mais qui reste étonnamment discret sur les alliances qu’il compte mettre en place avec certains pays d’Amérique du Sud ou la Russie .. Culte de la personnalité et embrigadement à la Mao rende le personnage glaçant. Quant à son patrimoine qui le fait rentrer dans les 3% de français les plus riches, a qui compte-t’il le céder ? De là à penser qu’il ait pu s’enrichir en tant qu’élu.

Macron est-il de gauche ? De droite ? Du centre  ? De gentre ? Du système politco-financier, c’est une évidence. Comme tout les autres il s’est nourri d’Attali et consort pour construire une carrière et une destinée qu’il se voit poursuivre à l’Elysée où il pourra gouverner par ordonnance. Vous savez, ce truc qui permet de « réduire » (on ne dit pas supprimer chez Macron) le débat parlementaire. Ce système parlementaire d’ailleurs que Macron souhaitait contraindre à une soumission préalable au gouvernement avant les investitures. Tant pis pour la constitution.

Lassalle c’est le bon gars pour lequel j’aurais presque pu avoir de l’affection si je n’avais assisté/participé aux « happening » qu’il organisait du temps du Modem. Se faisant prendre en photo sur le bord de la route avant de reprendre le taxi pour aller à la gare TGV. Député il fait la grève de la faim pour une usine de sa circo, mais ensuite ? La présidence c’est pas une transhumance. C’est une fonction et un sacerdoce.

Marine Le Pen je n’en parle même pas : condensé de haine similaire à son père, rien à garder. Asselineau, Poutou, Cheminade, Dupont-Aignan, Arthaud .. Que des vues réactionnaires et sclérosées de ce qu’est la France. Rien à voir de ce côté là non plus, si ce n’est pour délirer sur les complots et autres affaires occultes de l’Etat et des Banquiers.

Mais les programmes ? Les projets ? Qu’en est-il ?

Prenez le temps de les lire, vous risquez de faire le même constat que moi : pas un ne convient. Pas un ne marchera. Pas un ne fera allez mieux ce pays. Des petits bouts des uns et des autres certes, mais aucun dans son ensemble.

Cette élection est cuite : premier ou second tour, à part éviter les extrêmes maoïstes et fascistes, rien n’ira dans le bon sens. Reste à voir ce que nous pourrions tirer du 3è tour.

Votez à la présidentielle, mais surtout aux législatives, et pas pour ceux qui vous promettent de soigner vos circos mais bien pour celles et ceux qui défendront la représentation nationale !

 

Et là mon François, on fait quoi ?

Une magnifique campagne présidentielle s’annonce en 2017, la dernière farce de mon ami François Fillon (à ce niveau là c’est devenu un proche à force de vouloir nous convaincre de tout et son contraire) ce mercredi midi l’a clairement annoncé.

Alors moi aussi, en tant que français comme les autres, à défaut d’une immunité et d’un manoir, je m’exprime.

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Hatch art

Sérieux François, tu veux toujours y aller ?

Certes, les statuts de Les Républicains et le règlement de la primaire de droite t’en octroi le droit. Certes, ton micro parti Force Républicaine t’en donne les moyens (l’argent de la primaire plus les dons, on arrivera bientôt aux 10 millions). Certes, la présomption de ton innocence prévaut et personne ne peut te désigner coupable tant que la justice n’aura pas fait son travail.

Certes tu as encore des soutiens : E. Ciotti, B. Retailleau …

Certes tu as l’ambition de bénéficier d’une immunité présidentielle.

Certes tu es entouré de gens qui veulent bénéficier de tes futures largesses à leur encontre.

Qu’as-tu fait de ta vie ?

Tu as 63 ans dans deux jours, et qu’as-tu donc fait de ta vie ? Depuis 36 années tu es passé de conseiller général à député (en même temps tant qu’à faire), ministre, président de conseil général, président de conseil régional, sénateur, premier ministre…

Mais bon, finalement, tu n’as jamais rien fait d’autre. A part inventer Internet je veux dire ? Et faire flamber le coût de la LGV en imposant un arrêt à Sablé sur Sarthe ?

Néanmoins, je te l’accorde, ton projet de guerre civile semble bien parti. Tu as su jouer sur une sémantique tout à fait ordurière à l’encontre des médias et de la justice, et ta volonté de manipuler les franges les plus conservatrices de l’électorat pour forcer la main au législatif et à l’exécutif est claire. C’est fin, il ne reste plus qu’à te trouver un petit million de manifestants au Trocadéro et on pourra enquiller sur le coup d’état qui te fascine tant.

Et sinon, la démocratie ?

Ah oui. Désolé de t’embêter avec ça, mais la démocratie ? Oui ce droit que chacun à de décider pour lui et son pays, en liberté et conscience. Tu sais ce truc que les primaires étaient sensées réduire à peau de chagrin. Ca y est, tu vois de quoi je parle ? Alors, on fait comment avec ça ? Parce qu’à un moment il va falloir y passer. Donner des idées, débattre, discuter et si ça intéresse du monde, se mettre au boulot.

Ah oui. Boulot. Ce truc qui concerne la plus grosse partie des français : ça les occupe toute la journée et en échange on leur donne un peu de sous pour qu’ils puissent dormir quelque part et manger des plats en boîte. Non parce que ça c’est quand même le quotidien des gens qui pourront te filer le tiens. Et ça les inquiète un peu.

Mais pas toi apparemment…