Cette colère qui tua la raison

Samedi 1er décembre, la foule en colère marche sur la place de l’Étoile, arrache les pavés et est à la limite de profaner la tombe du soldat inconnu.

Samedi 1er décembre, des français en colère manifestent partout en France et bloquent des péages, des ronds-points et des aéroports.

Samedi 1er décembre, des milliers de français sont entravés dans leurs déplacements, sommés de crier des slogans ou signer des pétitions.

Samedi 1er décembre, des politiques de tous les extrêmes s’empressent de soutenir ce fatras.

Samedi 1er décembre, des épouses, des maris et des enfants se demandent s’ils reverront leur conjoint ou parents autrement que morts.

Samedi 1er décembre, des hommes et des femmes s’attaquent à la force publique sensée les protéger, alors qu’elle tente de protéger les symboles de l’unité nationale.

Dimanche 2 décembre, pas un élu ne peut se poser des questions sur sa responsabilité.

Dimanche 2 décembre, pas un citoyen ne peut se poser des questions sur sa responsabilité.


La colère qui s’exprime depuis plusieurs semaines en France à de multiples causes, réelles et sérieuses. Personne ne peut contester ces causes sans faire preuve de mauvaise foi. Cette colère est légitime.

Le contrat social, cet ensemble de règles qui permet à tout à chacun de participer et bénéficier en retour de la cohésion nationale ne fonctionne plus. Pourquoi ? Parce que les élites élues pour le maintenir au profit du plus grand nombre ont cessées de le faire. Aujourd’hui les garants de la Nation en sont devenus les parasites : argent, pouvoir et noblesse d’état.

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L’élection d’Emmanuel Macron est un symptôme de cet impasse dans laquelle la Nation est arrivée. Élu par choix d’une minorité ET non choix d’une majorité, le président en exercice est incapable d’incarner les devoirs qui lui incombe. Le quinquennat, choisit par ses prédécesseurs pour restaurer une cour autour d’un monarque.

Je vais reformuler ce que je viens d’écrire : Emmanuel Macron a été élu par une majorité des voix exprimées. Élu. Donc choisit par le biais d’un système qui permet à chacun de s’exprimer. Ça ne me plaît pas plus qu’à nombre d’entre vous, mais il ne faut pas l’oublier : la Révolution Française à amené à ce système, qui lui même, par abandon d’une majorité d’entre nous, à permit l’élection du président.

On pourrait ergoter longuement sur ce sujet mais ce n’est pas mon intention ici. Les faits sont néanmoins les suivants : le mouvement actuel s’oppose, dans son hétérogénéité, aux fonctions d’une personne qui y a accédé par un système mis en place par le peuple.

Ça fait mal ça, hein ?!


Alors vous pouvez y aller de vos « Ce n’est pas mon président », « Ce n’est pas comme ça que ça marche », « Elu par 21% de français », « Pour contrer M. Le Pen », « Pas par le peuple, par les partis », « Choisit par les banques » etc.

Rien à faire de vos complaintes. Le président actuel a été élu à la fois par les votants, les abstentionnistes, les je m’en-foutistes et tous les autres. Parce que contrairement aux théories complotistes qui traînent sur les vidéos Youtube il n’existe pas une « intelligence supérieure », juste une connerie universelle.

Et c’est bien elle qui est aux commandes. Reprenons un peu le fil des évènements : une colère sourde qui s’exprime d’un coup sur une idée fantaisiste d’enfiler un gilet moche. Très bien. Franchement sur le fond moi ça m’allait bien : les citoyens prenant enfin leurs problèmes en main.

Et que firent-ils ensuite ? Ils allèrent bloquer les autres citoyens, les empêchant de faire leurs courses, d’aller travailler, d’aller et venir tout simplement. C’est à dire que quelques personnes énervées sont devenues des milices tout juste bonne à agresser (une irruption non souhaitée dans la vie d’autrui pour la contraindre est une agression) d’autres personnes.

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Quid de la direction, de la stratégie, des réflexions et tout simplement de la raison ? Les gilets jaunes sont un mouvement citoyen, est-ce pour autant qu’il peut se passer d’un ou plusieurs chefs ? Bah non.

Il y a un facteur que les manifestants n’ont pas pris en compte : l’humain est un être grégaire, mais surtout égocentrique. Les difficultés exprimées par toutes et tous en enfilant un gilet jaune restent toutes personnelles. Chacun y va avec ses idées, ses attentes, ses revendications. Qu’est-ce qu’il en ressort ? Le capharnaüm.

Sans synthèse il n’y a pas d’idée. Sans idée il n’y a pas d’actions. Alors aujourd’hui que se passe-t’il ? La même chose que si vous laissez un ado décider seul de sa vie, sans conseil ni contraintes : le bordel.


Alors oui, je considère que l’Humanité est stupide. Et je me mets dedans évidemment. Mais je considère aussi que rien n’est perdu dès lors que collectivement nous acceptons de se remettre en cause.

La colère s’est exprimée, elle a même débordé au-delà de toutes limites en saccageant ce qui est un sanctuaire national contre les violences d’états. La guerre et les souffrances qu’elle cause au peuple ne peut être recouverte par des tags, ces souffrances ont marquées la vie de nos aïeuls et marquent encore celles de millions de vie chaque jour.

La colère du peuple français coûte autant voire plus à ceux qui l’expriment qu’à ceux qui devraient y répondre. Un exemple ? La semaine dernière à Châteaubriant, un magasin obligé de renvoyer ses salariés précaires parce que la zone était bloquée. Des soutiens devenus opposants. Bien joué.

Quant aux diatribes des tribuns de droite et de gauche, des fachos et des aristos : rien de plus qu’un moyen de survivre en surfant sur tout cela et en espérant que, par accident ou incompréhension, ils en deviennent les leaders. Comme le fut E. Macron.

Pas un leader politique actuel n’est à conserver. Pas un.


Alors vos « Macron démission » me font bien rire. On joue à un jeu ? Emmanuel Macron démissionne, que se passe-t’il ?

  1. Le président du Sénat assure l’intérim
  2. Une nouvelle élection est organisée
  3. Vous devez choisir parmi les candidats les deux qui seront au second tour
  4. Vous avez un président, s’ensuit les législatives
  5. Répétez l’étape 3 dans vos circonscriptions
  6. Vous avez un député, potentiellement presse-bouton pour l’étape 4
  7. Même joueur joue encore

En se rappelant que vous connaissez déjà les personnes qui participeront à l’étape 3, et que je doute que beaucoup d’entre vous acceptent de participer à l’étape 5 : se proposer à une élection sur la base d’un programme c’est compliqué, surtout tout seul.

Alors qu’est-ce qui est proposé par les gilets jaunes ?

..

….

La royauté ?

Une dictature ?

Une nouvelle constitution ?

L’anarchie ?

Une guerre civile ?

Voilà, les choix ne sont pas très nombreux : 10.000 ans d’Histoire de l’Homme nous démontrent une chose constante : les révolutions menées par la colère aboutissent toujours à plus de pression sur le peuple.

Il est désormais temps que la raison prenne le pas sur la colère.


« Nul n’est content de sa fortune ni mécontent de son esprit »

Il est temps que chacun, participant ou non à ce mouvement, prenne conscience du besoin collectif de renouveler la démocratie et la société française.

Ce dont la France à besoin, ce n’est pas une nouvelle Révolution sanglante.

Ce dont la France à besoin, c’est de chacun, dans ses différences et ses envies.

Ce dont la France à besoin, c’est un gouvernement qui travaille pour toutes et tous.

Ce dont la France à besoin, c’est d’une vie publique assainie.

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Alors gilets jaunes, écoutez la raison et non la colère. Dès aujourd’hui œuvrez à renouveler les structures politiques du pays :

  1. Que dans chaque village, chaque quartier, vous devez créer votre association et vous réunir, choisir un ou deux représentants qui porteront la synthèse de vos réflexions
  2. Dans chaque département, faites se réunir les représentants qui collectivement travaillerons à une synthèse de ces travaux, et redistribuez la à chaque participants
  3. Travaillez tous collectivement à construire la société idéale, partout. Et constituez des partis locaux, régionaux au plus puis une fédération et un mouvement national !
  4. Le système actuel est tout entier consacré à une bourgeoisie élective, et ne bougera que pour la préservez ou l’accroître. Utilisez-le ! Présentez-vous à toutes les élections, locales, nationales et européennes
  5. Et jamais, au grand jamais, ne laissez l’argent vous faire oublier pourquoi vous êtes là

Et si jamais il vous prend l’envie de croire qu’en jetant des pavés sur un CRS tout s’arrangera rappelez-vous qu’un enfant attend peut-être son père. Rappelez-vous que l’état doit vous protéger, même de vous-mêmes. Rappelez-vous que l’État, si ce n’est pas vous qui le choisissez ce sont les autres. Rappelez-vous que les autres n’ont pas plus envie d’être convaincu par vous que vous par eux.

Rappelez-vous que nous sommes 67 millions en France.

Rappelez-vous qu’ils sont quelques milliers à décider pour vous parce que vous avez cessé de vous intéresser à autres.

Rappelez-vous qu’être adulte, c’est un ensemble de responsabilités tant sociales que morales.

Rappelez-vous qu’une vidéo Youtube n’est pas plus crédible que l’interprétation d’une photo sur Facebook.

Rappelez-vous que vos besoins élémentaires à vous ne sont pas différents de ceux d’un enfant au Yémen.

Rappelez-vous que si vous me frappez, je vous frappe : la violence n’est jamais une solution, elle reste toujours un problème.

Rappelez-vous que des milliers d’autres révolutionnaires, avant, aujourd’hui et demain, pleurent leurs morts.

Rappelez-vous que Gandhi à décolonisé un pays sans violence.

Rappelez-vous qu’un élu doit servir, et que vous n’aurez jamais plus de reconnaissance qu’en le faisant vous-même.

Rappelez-vous !

La mémoire d’un peuple fait sa force, mais sa colère l’affaiblit.

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Dix solutions

Ca vaut ce que ça vaut hein, je dis pas que ça marchera ou qu’il ne faut pas en réviser quelques-unes. Mais si tout le monde pouvait mettre sur la table 10 points qu’il pense être des vraies améliorations de long terme on gagnerait du temps.

  1. Annoncer la dissolution de l’Assemblée Nationale
  2. Imposer l’interdiction de candidater aux députés ayant déjà exercé deux mandats pleins
  3. Mettre en place une campagne nationale de communication sur le rôle des députés
  4. Imposer par décret l’obligation de déclaration de l’usage des fonds de fonctionnement par les députés
  5. Réformer le code électoral en décorrélant les législatives de l’élection présidentielle
  6. Rendre systématique la retenue financière pour toute absence en commission d’un député
  7. Rendre obligatoire la publication de l’activité de chaque député tant dans sa circonscription qu’à l’AN
  8. Interdire les lobbies à l’AN
  9. Réformer les indicateurs utilisés par le gouvernement pour cesser l’acharnement du « tout croissance »
  10. Restaurer les services de santé et d’éducation en diminuant les coûts de fonctionnement de l’Etat

Des cases et des catégories

J’ai encore passé une journée à me morfondre sur Twitter et Facebook. Enfin, une journée. Disons plutôt une nuit et une matinée.

Et vous savez ce qui me sidère chaque jour un peu plus ? L’incapacité des gens à prendre du recul. La passion du premier degré. Même lorsqu’on explique les choses, la majorité s’arrête sur les apparences.

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Alors oui hier Mélenchon et Philippe, Salamé et les autres. C’est sympa ces petits apéros dinatoires de la politique spectacle, mais à quel moment incite-t’on les jeunes générations à s’impliquer en politique ? Pas à suivre bêtement le premier hâbleur du marché hein ! S’impliquer. Connaître les institutions, leurs contraintes, leurs fonctionnement, leurs histoires et s’impliquer pour servir les concitoyens et non s’enrichir.

Bref, passer du 4ème mur de leurs écrans à la vie réelle. Vous me direz « Mais ce n’est pas à la télé de le faire, qu’ils se débrouillent ! »

Bah oui. Mais regardez-vous, regardez-nous. Si nous n’avons pas un coach pour faire du sport, si on arrive pas à convaincre un ami de venir courir, si on ne trouve pas quelqu’un pour nous payer pour un travail que l’on fait sans lui, si on est tout seul ? Avouons-le : rien ne se fait tout seul. Les rares qui sont assez audacieux font l’histoire, nous autres la suivons.

L’information devenue amusement. Voilà ce qui noie nos esprits à longueur de temps ; ce ne sont plus les publicités qui usent du temps de cerveau disponible, ce sont les émissions autour. Et je ne parle que de la télé, mais c’est extensible à tout ce qui passe par ces petits écrans qui envahissent nos vies.

Et s’il n’y avait que la politique ! La quête permanente de l’image, de l’intérêt. Le « Like » tant attendu et pour lequel on fait n’importe quoi. Et surtout ne pas lancer de débat de fond, l’appeau à trolls s’y cache.

Dernière exemple en date : pourquoi laisse-t’on passer des publicités ou comportements misogynes ? Dès que l’on en relève le caractère discriminatoire on se fait accuser de premier degré ? Où est la réflexion ? Où sont les analyses ? Où veut-on laisser s’échapper le libre-arbitre ?

Si je considère anormal qu’un publicitaire joue sur des archétypes « Maman coiffe les enfants, pas papa » c’est à cause de la différenciation sociale induite par ce type de discours. Et ce n’est pas du premier degré, juste du bon sens.


Des cases, tout doit rentrer dans des cases. Ou des #. Au point même que la publicité se sert de cet état de fait pour se différencier.

Et le cerveau, on le met dans laquelle ?

Où est-ce que l’on a merdé ?

Cela faisait un moment que je ne m’étais pas arrêté devant le clavier pour vous faire part de mes humeurs. Ce soir il y a pas mal de sujets qui me tournent dans la tête, et je pense que je n’aurai pas assez de ma vie entière pour les traiter.

Entre les catastrophes climatiques en Amérique, Afrique, Asie et même Europe ; les extrémistes blanc US, la crise politique gravissime que traverse notre démocratie, la destruction de vrais droits pour le bien-être d’une élite, l’humiliation permanente d’une population…. Ca en fait des choses à remettre dans le contexte.

Mais là tout de suite, c’est clairement un problème beaucoup plus pernicieux qui me trouble. Vous savez, ce petit truc du quotidien dont on ne se rend même pas compte. Ce petit truc qui pourrit la vie de la moitié de l’humanité. Ce petit truc qui est à l’origine d’un paquet de nos emmerdements depuis l’origine.


Je vous pose ça là :

Repères viols

1 sur 10, de moins de 20 ans.

On parle des salaires ?

Du regard posé sur les tenues ?

De l’image dégradante qu’en donne la publicité, le marketing, la politique ?

De la place donnée aux petites filles, futures mamans mais pas super-héroines ?

De l’exigence de répondre à un fantasme ?

Du déni de compétence permanent ?


Il y en a un paquet qui en parle mieux que moi. Ils et elles sont nombreux à savoir user de leur plume pour traiter ce vaste sujet. Je me contenterai d’un rappel : le féminisme n’est pas un militantisme accessoire. Ce n’est pas une crise hystérique. Ce n’est qu’une réaction légitime, une conséquence à une cause que tous nous refusons d’accepter.

La cause première du féminisme que déteste les hommes, c’est justement l’homme. Cet être de chair et de sang dont seule la testostérone lui donne le sentiment de supériorité.

A quel moment ça à merdé ?

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Un homme et une femme, ce sont les deux facettes d’une même humanité. Quel abruti s’est donc permit de considérer qu’il avait plus de droit que l’autre ? Comment les autres ont-ils pu croire qu’il avait raison ?

Une femme violée ne l’est que par la faute de l’homme qui l’a violé. Une femme battue ne l’est que par un homme violent. Une femme tuée par son mari ce n’est pas un accident, c’est un crime.

Alors j’aimerai bien que tout mes petits camarades de genre se rappelle d’un détail pas négligeable : rien ne justifie la domination. Merci de vous rappeler, sur Internet ou IRL.

 

Quand le politique corrompt la raison

Nous votons de nouveau, ces dimanche 11 et 18 juin, pour le troisième tour des présidentielles. Certes  ces élections s’appellent aussi les législatives, mais soyons clair, elles ne sont devenues aujourd’hui qu’un potentiel blanc-seing pour une politique dont personne ne peut prédire les implications sociales ou économiques.

Et nous voici revenu au bon vieux temps du clientélisme et de la mauvaise foi. Nos futures édiles sont les représentants de la Nation et leur rôle est clairement définit. Mais nous avons tous dans nos circonscriptions l’un ou l’autre de ces candidats qui nous promet monts et merveilles pour notre petite commune…

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Las de tout ces mensonges et contre-vérités, il faut être clair : une circonscription (~100.000 habitants) élit un membre de la représentation nationale (577 députés) qui constitue le pouvoir législatif, pendant de l’exécutif présidentiel. Le rôle d’un député est de faire le lien du territoire vers la Nation, point. Le financement du territoire par la Nation est celui des clientélistes !

Et Châteaubriant dans tout ça ?

Bah oui, la #circo4406 n’échappe pas à la règle. Avec une douzaine de candidats, nous aussi nous avons notre lot d’incohérence politique et de délires masochistes.

Un conseil de développement schizophrène ?

Le conseil de développement du pays de Châteaubriant, comme tous les conseils de développement, est le seul organe permettant une représentation citoyenne dans les prises de décisions locales. Un organe associatif, statutairement apolitique. Le président actuel semble l’avoir oublié….

J’en ai été membre quelques années, CA puis bureau, j’ai dû mettre cet engagement de côté pour quelques temps. Et jamais je n’ai vu siéger le président de la com-com,  participer à un évènement, ou répondre à une invitation. La représentation citoyenne n’existe pas pour un notable du XVIIIe

Je ne vous cache donc pas ma surprise, ainsi que celle de l’ensemble de ses adhérents, d’avoir vu passer dans la presse la semaine dernière un appel à soutenir l’éternel absent A. Hunault pour les législatives. Signé de la main même de son président Didier Garnier ça fait tâche.

Parce qu’il faut rappeler un contexte : dans notre « petite » circonscription, le député sortant Yves Daniel, ex PS, est le seul qui se déplace à chaque AG. Le seul avec lequel un dialogue s’était instauré. Le seul qui militait en faveur d’un SCOT (Châteaubriant n’en a toujours pas).

Bref, une représentation démocratique citoyenne de plus qui se suicide sur le pays castelbriantais par la faute de son président, téléguidé par les ambitions de la dynastie Hunault. Encore.

Des candidats à la douzaine

Je ne listerai pas tout les candidats, d’autres l’ont déjà fait. Juste ceux qui comptent un peu :

  • A. Hunault : pas d’intérêt à élire ce genre de personnage, fils et frère des précédents députés, notaire cumulard (maire et conseiller régional), soutien inébranlable du conservatisme vendéen et sarthois. Son ambition est personnelle et le maintien de Châteaubriant dans une bulle spatio-temporelle ne sert que son intérêt.
  • Y. Daniel : député sortant ex-PS, avec lequel j’ai de nombreux désaccords. Mais de l’estime parce qu’il est bien plus accessible que ne le seront jamais les aristocrates du coin.
  • J. Flippot : « petit » candidat de la réunification de la Bretagne. Malgré des désaccords évidents, c’est un ami, et lui reste quelqu’un de dévoué à son engagement. Il y en a trop peu…
  • Le duo PS/écolo : le choix le plus stupide d’un appareil mourant. Présenter des candidats en frontal avec le député sortant seul capable de gagner dans cette circonscription conservatrice. Le PS se ridiculise, et je souhaite bien du courage à ces deux-là.

Un non-candidat

Il s’était un temps présenté, mais n’a pas été investi : si J-M Tobie s’était aligné pour l’élection j’aurai presque pu voter pour lui car il est plus proche de mes idées. Mais n’oublions pas que s’il n’a pas eu l’investiture LREM, c’est à cause d’une condamnation pour prise illégale d’intérêt. Fin de non-recevoir donc.

Et LREM ?

Bah pour être franc, quand on voit la taille du rateau LREM rien qu’en Loire-Atlantique il ne sert à rien d’espérer quoi que ce soit de cette étiquette. Il vaut mieux prendre 10 minutes de son temps pour se renseigner sur les aspirations des candidats. Parfois on est surpris des retournement de veste et contradictions presque assumées (je ne cite personne mais pense à un engagement récent…).

En résumé la #circo4406

Chacun est libre, et contrairement à d’autres je refuse de parler d’une quelconque représentation centriste dans cette circonscription. La démocratie y est clairement menacée de longue date par une famille de notables qui n’y voient qu’un terrain favorable à leurs ambitions. Les Hunault père et fils sont responsables de la désertification économique et démographique de la commune et ses faubourgs. Leur cour peut bien prétendre le contraire, leurs actes sont explicites :

  • fermeture de la liaison Rennes-Nantes en pleine gare (6m³ de béton), refus de toute concertation technique
  • des dépenses pharaoniques pour obtenir un logo « ville sportive » au dépends de l’aide à l’installation d’entreprise
  • un déni des problèmes d’aménagement (rappelez-vous de la place de la Motte)
  • un déni du droit à l’opposition
  • une posture de dédain systématique pour fuir le débat
  • un cumul permanent de fonctions électives et d’officier public
  • la désertification commerciale (les autorisations d’agrandissement des surfaces commerciales sont aberrantes)
  • des opérations foncières à questions (opération de dépollution du parking CMS, lotissements etc.)
  • et tant d’autres…

Quant au PS, qu’il s’enferme dans le déni : rien ne les sauvera plus.

Alors il reste à voter pour le seul qui s’implique dans son mandat, et ce sera pour le dernier car le second.

Je voterai Yves Daniel !

Pas LREM, pas à gauche, pas PS : je voterai pour le seul qui ait accepté un jour de débattre autour d’un café à une assemblée générale d’un conseil de développement de sa circo.

Je voterai pour le seul qui défende des idées avant ses ambitions. Je ne vote pas pour un parti ou un président.

Je voterai pour quelqu’un qui nous représentera et acceptera d’être contredit, même chez lui.

Pour le reste chacun est libre à condition d’être conscient.

 

La politique autrement, mais à l’ancienne

Nous avons un nouveau président, jeune et qui n’est issu d’aucun parti. Et cela à la suite d’une campagne particulièrement délétère durant laquelle ce ne sont pas des militants qui débattaient, mais des fanzouzes qui s’écharpaient !

Oui, les réseaux sociaux, les médias ont joués une part importante dans son élection ainsi que dans la perte de confiance dans les édiles politiques. Mais ils n’ont rien fait de plus que de mettre à jour des pratiques immorales et de rendre compte d’une certaine réalité.

Il y a eu une macromania : des élus, des personnalités, de nombreux concitoyens apolitiques se sont raccrochés à cette icône. Un jeune, hors sérail, qui pourrait tout changer ! Un état de grâce avant l’élection. De mémoire d’électeur personne n’avait connu un tel engouement.

Les centristes eux aussi y ont cru : le ralliement de François Bayrou, candidat obsessionnel, en à surpris plus d’un, dont moi. L’appel de Jean-Louis Borloo et les personnalités tant de droite que de gauche ont laissé entrevoir l’espoir d’une force politique consensuelle, centriste et réaliste.

La réalité, dur retour

Mais l’élection présidentielle est à 3 tours : les deux premiers donnent un nom, le troisième une majorité. Et là il y a le dur retour à la réalité.

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On ne ment jamais autant qu’avant une élection, pendant l’amour ou après la chasse

Négocier un soutien ou un ralliement, c’est assez simple : quand on se présente à une élection on donne un accès potentiel à un éventail de décisions qui peuvent arranger certaines personnes. Dans ce cas leur intérêt est de se rallier pour négocier, plutôt que de s’isoler et ne rien avoir.

François Bayrou à fait ce choix pour deux raisons simples : l’incapacité à financer sa campagne personnelle et la disparition de sa base militante. En échange de son soutien public, que l’on estime entre 5 et 8% des voix, il a sans doute obtenu un poste au gouvernement pour lui ou sa garde rapprochée ainsi qu’un certains nombres de candidats aux législatives.

Mais nous l’avons tous constaté hier : E. Macron présente une liste de candidats aux législatives étonnamment dénuée de représentants centristes. Des élus PS, des élus locaux, des personnalités civiles, mais le modem ou l’udi sont les grands absents. Les dindons de la farce ?

Quelle idée derrière tout ça ?

Petit rappel sur l’élection d’un député, c’est toujours utile pour comprendre l’arnaque aux candidats qui à eu lieu hier :

  • un candidat, c’est 1€ de subventions publiques par voix pour le parti dont il donne le nom à sa déclaration en préfecture
  • un candidat, c’est 0.35% d’une majorité absolue à l’assemblée
  • un candidat c’est la dispersion des voix contre un concurrent
  • un candidat peut être investit par plusieurs parti

Donc il est essentiel pour REM, le nouveau parti présidentiel (nouvelle entité juridique, bénéficiant à ce titre d’une gestion spécifique, d’un financement spécifique ainsi que de financements pour la formation des élus) d’avoir des candidats déclarés pour lui-même. Qu’ils gagnent n’est pas le seul but : ils doivent ramener des voix, donc des euros !

Et la majorité ? Bah oui, il en faut une. C’est le choix qui est fait d’investir certains élus sortants, voire de ne présenter personne contre d’autres qui se son officiellement ralliés mais n’auront pas l’étiquette REM.

Et pourquoi multi-étiquettes dans certains cas ? Je vous donne un exemple : sur la circonscription de Châteaubriant (44-06) REM à fait le choix de soutenir le sortant ex-PS Yves Daniel, plutôt que le candidat affiché Jean-Michel Tobie UDI. Bah oui, en face on est quasi sûrs de la victoire du conservateur et filloniste LR A. Hunault. Plutôt que de risquer l’incertitude électorale sur cette circo (UDI face à LR), on préfère soutenir un PS qui ne devra sa place qu’au soutien de REM.

Le nouveau mouvement REM ne finance aucune campagne ! Les candidats devront donc se financer ou se faire financer par leur parti, d’où le soutien à des candidats déjà encartés : ce sont eux qui fourniront une majorité présidentielle. Les autres engageront les financements publics de REM pour les 5 prochaines années, qu’ils gagnent ou non.

Tout de suite, c’est moins sexy la macronmania.

Mais limite, si on s’en fout ?!

Personne n’est obligé d’adhérer à cette analyse, une forme de pirouette d’un banquier qui couvre son investissement en faisant porter le risque sur les candidats et pas sur sa trésorerie. Il reste un point non négligeable.

La confiance.

Bah oui : le candidat obtient des soutiens, engrangent des demandes de candidatures en son nom (je rappelle qu’une campagne législatives ce n’est pas anodin pour le commun des mortels, c’est chronophage et coûteux) et gagne.

Le temps de laisser durer un peu le suspens et là c’est la douche froide : aucun candidat centriste. Les alliances annoncées ou clairement sous-entendues sont oubliées. Et si vous regarder les candidats les plus assurés de gagner vous aller rire jaune.

Le président n’est pas encore officiellement en fonction que déjà il trahit une partie de son électorat centriste. Et encore une fois les militants, des françaises et des français engagés bénévolement, se retrouvent laissés pour compte.

Jeune, mais déjà un vieux politicard dans sa tête.

 

 

Frappés au coeur, c’est à la raison de répondre

Une nouvelle fusillade, de nouveaux morts. En plein coeur de Paris, sur le symbole même de la liberté d’un pays libéré de la guerre et de la dictature.

Et voilà que ça recommence quelques jours avant une élection dans laquelle s’affronte les réthoriques et sémantiques guerrières. Des candidats investit par des partis ou l’argent mais qui ne sont finalement soutenus ni par le peuple ni par l’époque.

Je ne suis pas le seul à ne voir que peu d’intérêt dans ces 11 candidatures. Nous sommes nombreux, trop nombreux.

Aucun ne fait de la politique : cet art de la chose publique et du bien commun pour chaque individu au sein d’une nation. Ils se battent tous pour la même cause : la leur. Alors pourquoi s’étonner ?

Quelle énergie consacrée à la mauvaise foi, quel débordement de moyens pour se créer une image de sainteté ou redorer celle d’une ancienne idéologie déshumanisante….

Et dans toute cette débauche on entend de ci de là de nouveaux romans historiques, de nouveaux héros contemporains, de nouveaux phrasés pour des discours toujours aussi sclérosés. Toujours de nouvelles réponses à d’anciens problèmes.

Des guerriers ? Des affrontements ? Des vainqueurs et des perdants ? Quelle violence !

De tous il n’en ressort que des haineux et des violents, des malfaiteurs et malfaisants ! Où sont les bâtisseurs et les faiseurs de paix ? Les civilisés et civilisateurs ?

Las de cette campagne, las de ces sottises. Il est temps que chacun prennent conscience que ces jeux sont inutiles et dangereux : le seul jeu qui ait du sens désormais est celui qui consiste à construire la paix au sein de chaque nation pour que toutes ensembles elles oeuvrent à l’humain et non à l’argent ou au pouvoir.